Toshirô Mifune

Acteur, Producteur, Producteur associé
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Personal Info

  • Birth Name: Sanchuan Minlang
  • Date of Birth: 01, Apr 1920

Biography

Monstre sacré du cinéma japonais, Toshiro Mifune a marqué d’une empreinte inimitable le 7e Art en 50 ans de carrière et 130 films au compteur.

De nationalité japonaise, Toshiro Mifune né le 1er avril 1920 à Tsingtao, une ville portuaire de Chine, dans la région de Mandchourie. Il passe sa jeunesse dans la ville de Dalian. Tout comme son père, il étudie la photographie. En 1931, les armées impériales japonaises envahissent la Mandchourie, qui devient l’avant-poste de l’occupation de la Chine par l’Empire du Japon. A l’âge de 20 ans, il est enrôlé dans les forces aériennes japonaises, et est attaché au service de reconnaissance des photographies aériennes durant la Seconde guerre mondiale. C’est ainsi qu’il pose pour la première fois le pied sur le sol japonais, affecté à la base de Kyushu. Démobilisé en 1945, sans contact ni réelle perspective d’avenir dans une ville de Tokyo en ruine, il tente sa chance en cherchant du travail dans les studios de production Toho. Au printemps 1946, il passe par mégarde une audition, croyant passer un entretien pour un "simple" travail. On lui demande de rire. "Rire ? Qu’est-ce que c’est que ça ? Je suis venu pour trouver du travail ! Je ne sais pas rire !" répond-t-il à son auditoire avant de tourner les talons. Rattrapé par un membre du Jury, celui-ci lui offre une 2e chance en lui demandant cette fois-ci de jouer une personne ivre. Son interprétation, à la fois menaçante et bourrue, méduse l’assistance. Il est engagé pour tourner son premier film : Shin Baka Jidai, en 1947.

Repéré par Akira Kurosawa, qui était venu à cette audition, le metteur en scène lui offre un rôle dans L' Ange ivre en 1948. Indissociable de son alter ego, auprès de qui il trouvera ses plus grands rôles, Toshiro Mifune tournera 17 fois avec le metteur en scène. Une collaboration d’une longévité exceptionnelle et rare, accouchant presque à chaque fois de chefs-d'oeuvres. "Mifune avait un talent que je n’avais jamais vu auparavant dans l’univers du cinéma japonais" écrira plus tard Kurosawa dans son autobiographie ; "c’était par-dessus tout la vitesse avec laquelle il était capable de s’exprimer. La vitesse de ses mouvements dans son jeu était telle, qu’il était capable d’exprimer une chose en une seule action, ce qu’un acteur ordinaire aurait exprimé en trois. Son sens du timing était le plus vif que j’ai jamais vu chez un acteur japonais. Et malgré toute cette rapidité dans son jeu, il pouvait montrer une très grande sensibilité". Son jeu très intuitif et physique fait merveille devant la caméra du cinéaste.

Brillant inspecteur de police menant son enquête dans les bas-fonds de Tokyo avec Chien enragé (1949), le film se veut aussi un hommage au film noir de Jules Dassin, La Cité sans voiles. En 1950, il est la tête d'affiche de Rashômon, qui obtiendra le Lion d'or à Venise l'année suivante et l'Oscar du Meilleur film étranger. Un succès exceptionnel pour un film japonais à cette époque, qui contribuera à sensibiliser l'Occident aux productions nippones. L'acteur joue très souvent le rôle d'un samouraï ou d'un Ronin, c'est-à-dire un samouraï sans le sou et désoeuvré, vendant les services de son sabre au plus offrant. Citons à ce titre l'inoubliable membre des Sept Samouraïs en 1954; La Forteresse cachée; Yojimbo en 1961, pour lequel il remporte la Coupe Volpi du Meilleur acteur à la Mostra de venise (et source d'inspiration directe de Pour une poignée de dollars de Sergio Leone); Sanjuro l'année suivante; la trilogie consacrée au personnage de Miyamoto Musashi signée par Hiroshi Inagaki; ou encore, plus tard, Le Sabre du mal (1966) et Rebellion (1967), sous la direction d'un autre maître du cinéma japonais : Masaki Kobayashi. Adepte des transpositions de classiques de la littérature dans d'autres époques, Kurosawa lui confie les rôles-titres de L' Idiot, d'après Dostoievski; Le Château de l'araignée, d'après le MacBeth de Shakespeare; ou encore Les Bas-Fonds, inspiré de Maxime Gorki. En 1965, il incarne un extraordinaire Dr Niide alias Barberousse : à la tête d'un dispensaire de soins pour miséreux dans le Tokyo du XIXe siècle, il dissimule sous des manières très rudes et un tempérament violent un trésor de générosité et de compassion à l'égard des plus pauvres. Une brillante performance saluée par un second prix d'interprétation à la Mostra de Venise. Pourtant, le tournage du film s'est étiré en longueur. Retenu sur le tournage, Toshiro Mifune ne peut honorer aucune des propositions qui lui sont faites, notamment de l'étranger. L'acteur et son metteur en scène s'opposent autour du personnage principal, puis se fâchent, pour très longtemps.

Cette rupture va en fait lui permettre de donner à sa carrière une deuxième vie, à l'international cette fois-ci. Car il est sans aucun doute l'acteur japonais le plus connu à l'étranger. De nombreux cinéastes occidentaux font appel à lui, comme John Frankenheimer dans Grand Prix en 1966. Deux ans plus tard, il donne la réplique à Lee Marvin dans Duel dans le Pacifique, sous la direction de John Boorman. Ambassadeur de l'empereur du Japon égaré aux Etats-Unis dans le western Soleil Rouge en 1971, où il mène la vie dure à Charles Bronson, il incarne un impeccable Amiral Yamamoto à la tête de la flotte japonaise dans le film de guerre La Bataille de Midway. Grand admirateur de son travail et de Kurosawa, Steven Spielberg lui confie en 1979 le rôle du commandant de sous-marin Akiro Mitamura, qui menace de frapper Hollywood dans la comédie 1941. Ces expériences à l'étranger ne l'empêche pas de garder au Japon une très grande popularité, grâce notamment à la série Shogun. Mais ses apparitions sur grand écran deviennent de plus en plus rares, comme dans Agaguk (1992) de Jacques Dorfmann, tourné en pays Inuits et qui est son avant-dernier rôle. Atteint de la maladie d'Alzheimer, il succombe finalement des suites d'un cancer du pancréas le 24 décembre 1997. Non sans s'être réconcilié deux ans auparavant avec son alter ego de toujours, Akira Kurosawa, qui ne lui survivra que dix mois avant de s'éteindre à son tour.

Auteur : Olivier Pallaruelo

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